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La civilisation féodale. De l’an mil à la colonisation de l’Amérique

Book information

Publisher
Flammarion
Year
2006
ISBN
978-2-0812-2391-2
Language
french
Format
DJVU
Filesize
11 MB (11124490 bytes)
Series
Champs Histoire 892
Edition
3ᵉ
Pages
868\868
Topic
History
DPI
300
Orientation
portrait
Paginated
yes
Scanned
yes
Time added
2012-09-12 23:56:29

Description

Sombre repoussoir des Lumières et de la modernité, le Moyen Âge peine à se défaire de sa mauvaise réputation. Pourtant, au cœur de ce millénaire, se loge une exceptionnelle période d’essor et d’élan créateur, déterminante pour la destinée du monde européen. Réputé anarchique, le système féodal repose en fait sur une organisation sociale efficace, qui, dès les Xᵉ et XIᵉ siècles, regroupe les populations au sein de villages où la domination des seigneurs s’exerce de manière vigoureuse et équilibrée. Véritable colonne vertébrale de la société, l’Église assure la cohésion de ces entités locales tout en conférant à la chrétienté une unité continentale et une prétention à l’universalité. De là une civilisation profondément originale, dont les manières de percevoir et de vivre le temps, l’espace, l’au-delà, l’âme et le corps, la parenté ou encore les images révèlent les tensions et les paradoxes.    Par-delà les crises et les couleurs contrastées de la fin du Moyen Âge, c’est la force expansive de la chrétienté féodale qui pousse les Occidentaux vers les rivages du Nouveau Monde et la conquête du continent américain. Et si le féodalisme, traditionnellement considéré comme l’âge de la stagnation et de l’obscurantisme, était l’un des ressorts oubliés de la dynamique par laquelle l’Occident a imposé sa domination à l’Amérique d’abord, puis à l’ensemble de la planète?    Jérôme Baschet est maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales. Il enseigne également à San Cristóbal de Las Casas, au Mexique. Il a notamment publié La Rébellion zapatiste (Champs-Flammarion, 2005) et L’Iconographie médiévale (Gallimard, 2008).===== Table des matièresRemerciementsIntroduction — L’Europe médiévale, via l’Amérique    Avertissement au lecteur en forme d’éloge du détour    Moyen Âge et conquête du Nouveau Monde    La construction de l’idée de Moyen Âge    Périodisations et long Moyen ÂgePremière partie — Formation et essor de la chrétienté féodale    Chapitre I. Genèse de la société chrétienne : le haut Moyen Âge        Installation de nouveaux peuples et fragmentation de l’Occident            Des invasions barbares ?            La fusion romano-germanique        Le bouleversement des structures antiques            Le déclin commercial et urbain            La disparition de l’esclavage        Conversion au christianisme et enracinement de l’Église            La conversion des rois germaniques            Puissance des évêques et essor du monachisme            La lutte contre le paganisme        La renaissance carolingienne (VIIIᵉ–IXᵉ siècles)            L’alliance de l’Église et de l’Empire            Prestige impérial et unification chrétienne        La Méditerranée des trois civilisations            Le déclin byzantin            La splendeur islamique            L’essor non impérial de l’Occident            Changement d’équilibre entre les trois entités        Conclusion : vers un retournement de tendance    Chapitre II. Ordre seigneurial et croissance féodale        L’essor des campagnes et de la population (XIᵉ–XIIIᵉ siècles)            La pression démographique            Les progrès agricoles            Les autres transformations techniques            Comment expliquer l’essor ?        La féodalité et l’organisation de l’aristocratie            « Noblesse » et « chevalerie »            Les formes du pouvoir aristocratique            Éthique chevaleresque et amour courtois            Les relations féodo-vassaliques et le rituel d’hommage            Dissémination et ancrage spatial du pouvoir        La mise en place de la seigneurie et la relation de dominium            La naissance du village et l’encellulement des hommes            La relation de dominium            Tensions dans la seigneurie            Une domination totale ?        La dynamique du système féodal            L’essor commercial et urbain            Le monde des cités            Villes et échanges dans le cadre féodal            La tension royauté/aristocratie        Conclusion : les trois ordres du féodalisme    Chapitre III. L’Église, institution dominante du féodalisme        Les fondements du pouvoir ecclésial            Unité et diversité de l’institution ecclésiale            Accumulation matérielle et pouvoir spirituel            La circulation généralisée des biens et des grâces            Le monopole de l’écrit et de la transmission de la Parole divine        Refondation et sacralisation accrue de l’Église (XIᵉ–XIIᵉ siècles)            Le temps des moines et la faiblesse des structures séculières            Refondation séculière et sacralisation du clergé            L’absolu pouvoir du pape        Au XIIIᵉ siècle : un christianisme aux accents nouveaux            Du roman au gothique            Des ordres religieux novateurs : les mendiants            L’Église, la ville et l’université            Prédication, confession, communion : une triade nouvelle            Ritualisme et dévotion : un changement d’équilibre ?        Limites et contestations de la domination de l’Église            Les poussées hérétiques et la réaction de l’Église            Les « superstitions » et la culture folklorique            Les marges et la subversion intégrée des valeurs            L’ennemi nécessaire : juifs et sorciers            Vers la société de persécution        Conclusion : une dynamique millénaire d’affirmation    Chapitre IV. De l’Europe médiévale à l’Amérique coloniale        Le bas Moyen Âge : triste automne ou dynamique continuée ?            Les calamités du XIVᵉ siècle : peste, guerre, schisme            Crise du féodalisme ou ajustements sociaux ?            L’essor poursuivi des villes et du commerce            Genèse de l’État ou affirmation monarchique ?            L’Église, toujours        L’Europe médiévale prend pied en Amérique            Féodalisme en Amérique latine : un débat            Une définition du féodalisme ?            Esquisse de comparaison entre l’Europe féodale et l’Amérique coloniale            Un féodalisme tardif et dépendant ?        Conclusion : au-delà de la nomenclature, des relations bonnes à penserSeconde partie — Structures fondamentales de la société médiévale    Chapitre I. Les cadres temporels de la chrétienté        Unité et diversité des temps sociaux            Les mesures du temps vécu            Cycle liturgique et maîtrise cléricale du temps            « Temps de l’Église et temps du marchand »        Les ambiguïtés du temps historique            Histoire linéaire et « cercle de l’année »            Passé idéalisé, présent méprisé, futur annoncé            Un temps semi-historique        Les limites de l’histoire et les dangers de l’eschatologie            L’écriture de l’histoire            L’imminence (reportée) de la fin des temps            La subversion millénariste : le futur, ici et maintenant        Conclusion : un temps semi-historique, rongé par l’histoire    Chapitre II. La structuration spatiale de la société féodale        Un univers localisé, fondé sur l’attachement au sol            Réseau paroissial et rassemblement des hommes autour des morts            L’univers de connaissance et l’inquiétante extériorité        L’espace polarisé du féodalisme            Des échanges sans marché            La chrétienté, réseau de pèlerinages            Un déplacement vers l’extérieur, gage de cohésion interne        L’Église, articulation du local et de l’universel            Renversement de la doctrine eucharistique            Réalisme eucharistique, lieu sacré et communion ecclésiale            L’image concentrique du monde        Conclusion : dominance spatiale au Moyen Âge, dominance temporelle aujourd’hui    Chapitre III. La logique du salut        La guerre du Bien et du Mal            Le monde, champ de bataille des vices et des vertus            Discours sur les vices, discours sur l’ordre social            Le diable, « prince de ce monde »            Satan, faire-valoir des puissances célestes et de l’Église        L’ici-bas et l’au-delà : une dualité qui se consolide            Doctrine et récits de l’au-delà            Naissance d’une géographie de l’au-delà            Pratiques pour l’autre monde : suffrages, messes et indulgences        Le système des cinq lieux de l’au-delà            Formation du système pénal infernal            L’enfer, incitation à la confession            Le paradis, parfaite communauté ecclésiale            Les lieux intermédiaires : purgatoire et limbes            Une synthèse en image        Conclusion : l’Église, ou l’instance qui sauve    Chapitre IV. Corps et âmes : personne humaine et société chrétienne        L’homme, union de l’âme et du corps            La personne, entre dualité et ternarité            Entrée dans la vie, entrée dans la mort            Les noces de l’âme et du corps            Le corps spirituel des élus ressuscités        L’articulation du charnel et du spirituel : un modèle social            L’Église, corps spirituel            L’Incarnation, paradoxe instable et dynamique            Une institution incarnée, fondée sur des valeurs spirituelles        La machine à spiritualiser, entre déviations et affirmation            Dangers aux extrêmes : séparation dualiste et mélanges impropres            Incarnation du spirituel et spiritualisation du corporel            Une efficacité croissante, mais de plus en plus forcée        Conclusion : les ambivalences de la personne chrétienne    Chapitre V. La parenté : reproduction physique et symbolique de la chrétienté        La parenté charnelle et son contrôle par l’Église            L’imposition d’un modèle clérical du mariage            Transmission des patrimoines et reproduction féodale        La société chrétienne comme réseau de parenté spirituelle            Parenté baptismale, paternité de Dieu et maternité de l’Église            La paternité des clercs : un principe hiérarchique            Germanité de tous les chrétiens et essor des confréries        La parenté divine, point focal du système            Le Fils égal au Père : les paradoxes de la Trinité            Le Christ : Père-frère, Père-mère            La Vierge, emblème de l’Église            La Vierge-Église, mère, fille et épouse du Christ            La parenté divine, ou l’anti-généalogie        Conclusion : le monde comme parenté, la société comme corps    Chapitre VI. L’expansion occidentale des images        Un monde d’images nouvelles            Entre iconoclasme et idolâtrie : la voie moyenne occidentale            Des supports d’images de plus en plus diversifiés            Liberté de l’art et inventivité iconographique            Pratiques et fonctions des images            Images des uns, idoles des autres        Les ressorts de la représentation            Lieux d’images, lieux de culte            Culture de l’imago et logique figurale du sens            Figurer Dieu, regarder la Création            Invention de la perspective et dynamique féodale        Conclusion : image-objet médiévale, image-écran contemporaineChapitre conclusif. Le féodalisme, ou le singulier destin de l’Occident    Une logique générale d’articulation des contraires    La rigueur ambivalente du système ecclésial    L’expansion de l’Occident (repères théoriques)    Système féodal versus logique impériale    Système ecclésial versus logique des paganismes    L’Occident et ses autres : une opposition dissymétriqueBibliographieIndexTable des plans, cartes et schémasTable des figuresTable des créditsTable des matières

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